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    Se baigner à Athènes : 10 plages testées le long de la côte attique

    Aurélie TeissierBy Aurélie TeissierMar 23, 20269 Mins Read
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    Se baigner à Athènes : 10 plages testées le long de la côte attique

    Athènes et plage, dans la tête des gens, ça ne colle pas. On pense Acropole, pot d’échappement, béton qui chauffe à 42°C en août. Et puis tu prends le tramway depuis Syntagma, 40 minutes plus tard t’es les pieds dans une eau à 25°C avec le golfe Saronique qui s’étend devant toi. La côte attique commence à 20 minutes du centre-ville et s’étire sur 70 km. On a passé une semaine à tester les plages du coin en septembre 2025 — en métro, en bus, en bagnole de loc’. Certaines valent le déplacement, d’autres franchement pas.

    Les plages en tramway depuis le centre

    Vouliagmeni — le coup de coeur disproportionné

    C’est la plage où on est retournés trois fois. L’eau est turquoise, pas le turquoise exagéré des filtres Instagram — un turquoise sale, réel, avec des reflets verts quand le soleil tape à la verticale. Des pins parasols en arrière-plan, du sable fin, et ce truc rare à 50 bornes d’une capitale de 4 millions d’habitants : du silence.

    Le bus 122 depuis Glyfada (correspondance tramway T5) t’y dépose en 20 minutes. Compte une bonne heure depuis Syntagma au total. La plage principale est gérée par l’Astir Beach Club : 28€ le samedi qu’on y est allés, transat et parasol inclus. Cher pour la Grèce, mais t’as de l’espace entre les parasols, un serveur qui t’apporte ton freddo cappuccino sur le transat, et une eau cristalline. On se serait cru à Paros sans avoir pris le ferry.

    Le vrai bon plan, c’est la crique juste avant l’entrée de l’Astir, côté gauche de la route. Les locaux l’appellent « Limanakia ». Pas de transats, pas de service, rien — juste la même eau. Un dimanche matin, on y était à 9h, il y avait quatre Athéniens qui nageaient et c’est tout. Trois jours plus tard, un samedi à 14h, c’était blindé et on a dû poser nos serviettes sur les rochers. L’horaire fait tout.

    À 500 mètres de la plage, le lac de Vouliagmeni vaut le crochet. Un lac thermal naturel alimenté par une source à 24°C toute l’année. On a payé 16€ l’entrée avec un transat. L’eau est bizarre — tiède, légèrement trouble, avec des petits poissons qui viennent te grignoter les pieds. Ça rappelle les fish spas qu’on trouve au Vietnam ou en Thaïlande, sauf qu’ici c’est naturel et que personne ne te facture le grignotage en supplément.

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    Glyfada — pratique mais sans magie

    Glyfada, c’est la plage par défaut. Le tramway T5 depuis Syntagma, 45 minutes, 1,20€ le ticket. Le sable est correct, l’eau propre, le fond descend doucement — c’est jouable avec des gamins. La partie publique côté sud est gratuite. Côté nord, des beach clubs proposent des transats, on a payé 12€ un mercredi midi, conso incluse.

    Le problème de Glyfada, c’est que ça ressemble à n’importe quelle station balnéaire méditerranéenne. Des bars de plage qui passent de la house, des glaciers, des restos de poisson tous les 20 mètres. Si tu viens pour l’ambiance plage grecque authentique, c’est pas ici que tu la trouveras. Mais pour une baignade rapide entre deux visites, ça fait le taf.

    Voula et Alimos — en vrac

    Voula, un arrêt de tramway après Glyfada : l’eau est plus claire, le fond sableux puis rocheux, et la plage organisée coûte 5€ en semaine. Correct. Alimos (métro ligne 2, station Alimos), c’est la plus proche du centre — 30 minutes depuis Monastiraki. Sable mélangé à des galets, vue sur la marina. Le beach bar Bolivar offre des transats gratuits si tu consommes. On a pris deux cocktails à 9€ pièce et on a passé l’après-midi. Honnêtement, ni l’une ni l’autre ne mérite qu’on s’y éternise. C’est du dépannage urbain.

    Les plages en bus — un peu plus loin, beaucoup mieux

    Kavouri — la plage des Athéniens qui s’en foutent

    Coincée entre Vouliagmeni et Voula, accessible par le bus 114. Des galets, des pins, pas de musique, pas de transats à louer. Tu apportes ta serviette et tu te poses. L’eau est fraîche — on est en septembre et c’était clairement deux degrés en dessous de Glyfada. Transparente aussi. Les pins font de l’ombre, ce qui à 14h en été vaut de l’or.

    L’ambiance m’a rappelé certaines plages de la côte dalmate en Croatie, le genre d’endroit où les gens viennent depuis 30 ans et n’ont aucune envie que ça change. Un retraité nageait en crawl à 7h du mat quand on est arrivés. Il fait ça tous les jours depuis la retraite, nous a dit sa femme, assise sur un rocher avec un thermos de café. C’est ce genre de plage.

    Varkiza — familiale et massive

    Bus 171 depuis Glyfada, 5 km après Vouliagmeni. La plage fait 600 mètres de long, c’est immense. Entrée de la plage organisée : 7€ le vendredi où on y était, transat et parasol inclus. Il y a du paddle, du kayak, des aires de jeux, des maîtres-nageurs. L’eau est peu profonde sur 30 mètres — si tu voyages avec des enfants, c’est probablement la meilleure option du coin.

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    On n’y est pas retournés. Trop aménagé, trop de monde, trop de familles avec enceintes bluetooth. Mais je comprends l’attrait si c’est ta came.

    Les plages en voiture — là où ça vaut vraiment le coup

    Cap Sounion — le temple, la plage, le coucher de soleil

    70 km au sud-est, 1h15 de route. On a loué une Fiat Panda à 29€/jour chez un loueur près de l’aéroport (autohellas.gr, le comptoir n’avait plus de Hyundai et on a eu la Panda par défaut — pas de clim digne de ce nom mais un plein à 38€). La route côtière après Varkiza est belle : virages serrés, falaises, mer des deux côtés.

    La plage de Sounio est en contrebas du temple de Poséidon. Sable doré, eau d’un bleu intense, et quand tu lèves la tête, les colonnes doriques du temple à 60 mètres au-dessus. Byron avait gravé son nom sur une colonne quand il est passé en 1810. L’entrée du site coûte 8€ et il reste ouvert jusqu’au coucher du soleil. Le plan : arrive vers 16h, baigne-toi, puis monte au temple pour le sunset. On a fait ça un mardi soir et on était peut-être 15 personnes sur le site. Le rose du ciel sur les colonnes, la mer en contrebas — un des plus beaux couchers de soleil qu’on ait vus en Méditerranée, et pourtant on a passé pas mal de soirées à Santorin.

    Seul bémol : le retour. La route est sinueuse, pas éclairée, et les Grecs conduisent comme si le code de la route était une suggestion. On a mis 1h40 au lieu d’1h15 parce qu’un camion bloquait une voie et que la déviation passait par un village où Google Maps a complètement perdu la tête.

    Schinias (Marathon) — la grande plage naturelle

    45 km au nord-est, dans un parc national protégé. 5 km de sable fin bordés de pins centenaires. Pas de construction en bord de mer, juste des tavernes qui servent du poisson grillé. On a mangé une daurade entière avec salade et pain pour 14€. L’ancien bassin olympique d’aviron de 2004 est à côté — à moitié abandonné, couvert de graffitis, bizarrement photogénique.

    Pas de transport en commun viable pour y aller. Voiture ou scooter, point.

    Lagonisi et Loutsa — vite fait

    Lagonisi (40 km sud) : petite baie calme, eau émeraude, poulpe grillé à l’ouzo dans les tavernes de bord de route. Loutsa (35 km, près de l’aéroport) : longue plage venteuse, spot de kite, moussaka à 9€ dans les tavernes locales. Les deux sont bien sans être mémorables. Si tu as le temps et la voiture, fonce plutôt à Sounion ou Schinias.

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    Le spot qu’on garde pour la fin : Limanakia Vouliagmenis

    C’est pas une plage. C’est une succession de criques rocheuses entre Vouliagmeni et Varkiza, accessibles par un sentier le long de la côte. Chaque crique fait 10-20 mètres de large, encadrée par des rochers plats. L’eau est la plus belle qu’on ait vue sur la riviera athénienne — transparente, profonde, avec des fonds colonisés par des oursins et des petits poissons.

    L’accès se fait par des escaliers taillés dans la roche. Repère le parking informel le long de la route côtière entre Vouliagmeni et Varkiza. Il n’y a aucun service — pas d’eau, pas de toilettes, pas d’ombre. Emporte tout. On a failli se faire avoir : on est arrivés à 15h sans eau ni casquette, et on a tenu 45 minutes avant de remonter, la tête qui tournait. Reviens à 17h, l’ombre des rochers protège et les Athéniens débarquent pour nager en fin de journée. L’ambiance est paisible, presque recueillie.

    L’essentiel pour pas galérer

    Transport : ticket journalier transports en commun à 4,10€ (métro + tram + bus). Pour les plages loin, loue une voiture — on a payé 29€/jour en septembre 2025 chez un loueur local.

    Quand y aller : juin et septembre. L’eau est à 25°C, les plages sont gérables et les prix baissent par rapport à juillet-août. Mai est jouable mais l’eau reste fraîche — 21°C le jour où on a testé.

    Chaussures d’eau : achète-les avant de partir. Beaucoup de fonds rocheux avec des oursins. On a trouvé des Decathlon à 7€ dans un magasin de sport à Glyfada.

    Évite : Palaio Faliro et la zone du Pirée. Trop proches du port, l’eau est trouble et ça sent le diesel quand le vent tourne.

    Athènes combine visite culturelle et plage comme peu de capitales en Europe. Le matin au musée de l’Acropole, l’après-midi les pieds dans l’eau à Vouliagmeni — c’est un combo que même les quartiers du centre d’Athènes ne laissent pas deviner. Si tu prolonges vers les îles, les plages de Paros sont à quelques heures de ferry et franchement dans une autre catégorie. Et pour le budget, les vols pas chers vers la Grèce rendent l’opération très accessible.

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    Aurélie Teissier

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